FSU Essonne

Cantines scolaires de l’Essonne : les méthodes peu ragoûtantes du Conseil départemental

jeudi 13 juillet 2017 par Webmestre

Cantines scolaires de l’Essonne : les méthodes peu ragoûtantes du Conseil départemental de l’Essonne.

La presse vient de révéler la décision du Conseil départemental de l’Essonne de ne plus rembourser les repas non pris par les collégiens lors du ramadan. Ainsi, dans le nouveau Règlement départemental des services annexes de restauration, qui s’appliquera dans les collèges publics de l’Essonne au 1er septembre 2017, il a été ajouté que les repas non pris « pour convictions personnelles » ne seront pas remboursés. Si la polémique n’a éclaté que la semaine dernière, c’est parce qu’il a fallu que se tiennent un certain nombre de conseils d’administration dans les collèges du département pour que la mesure soit portée à la connaissance des usagers et de leurs représentants.

Cette décision a été justifiée dans la presse par le Président du Conseil départemental par plusieurs arguments : la laïcité, l’égalité de traitement sur le territoire (harmonisation), le coût pour le contribuable. A y regarder de plus près, ces arguments ne sont cependant pas tous forcément de bon aloi.

La mise en avant de la laïcité est un argument spécieux : ne pas manger pendant une certaine période n’impose aucune contrainte au service public. Il ne s’agit pas là de refuser un enseignement qui ne serait pas conforme à des préceptes religieux. Si le conseil départemental était si soucieux de ne pas adapter le service public en fonction des religions, il cesserait immédiatement de subventionner les écoles privées confessionnelles sous contrat, en effet celles-ci « s’adaptent » aux convictions religieuses des familles...

En outre, dans notre département, les taux de fréquentation des cantines scolaires sont très élevés, et c’est une très bonne chose : cela garantit au plus grand nombre au moins un repas équilibré dans la journée, à un prix abordable. La mesure du Conseil départemental – qui a déjà, par ailleurs, remis en cause le principe de la gratuité pour les familles les plus modestes - pourrait faire encore baisser ce taux de fréquentation, les familles adeptes du Ramadan risquant de ne pas inscrire les enfants à la cantine au moins pour le trimestre concerné.

D’autre part, l’égalité de traitement n’obligeait pas à choisir la solution la plus mauvaise pour tous les collèges du département. Dans certains collèges, la possibilité de rembourser les repas non pris (lors du Ramadan) était en effet mise en œuvre : il eût été plus pertinent d’étendre cette possibilité à l’ensemble des collèges, quitte à introduire des règles claires et précises pour prévenir les établissements suffisamment tôt et permettre à la collectivité de s’organiser en conséquence (quantité des denrées nécessaire...).

Au lieu de prendre le temps de réfléchir à une organisation et à des règles qui puissent satisfaire toutes les parties, de façon pragmatique, le Conseil départemental joue avec le feu en prenant des mesures qui, sous couvert de laïcité et de bonne gestion des deniers publics, ne peuvent pénaliser que des collégien.nes et des familles de confession musulmane ! C’est à nos yeux inacceptable. Une fois de plus, sur cette question comme sur d’autres (sectorisation des élèves sur les collèges de Villabé et Champcueil, désengagement du CD91 qui ne souhaite plus prendre en charge certains CIO – centres d’information et d’orientation), aucune concertation n’a eu lieu avec la communauté éducative dans le cadre de ses instances officielles. Le Conseil départemental n’a jamais abordé ce sujet lors d’un CDEN (Conseil départemental de l’Éducation nationale), où sont réunis des représentants des personnels selon les règles de la représentativité mesurée lors des élections professionnelles, des parents d’élèves, des élus politiques (conseillers municipaux, régionaux, départementaux), des DDEN (Délégués départementaux de l’Éducation nationale), des représentants de l’État (Préfet, DASEN). A titre d’exemple, lors du dernier CDEN, la vice-présidente du Conseil départemental, Mme Caroline Parâtre, s’est éclipsée au bout de 25 minutes seulement.

Monsieur Durovray a déclaré dans la presse assumer des choix politiques. Il nous semble bien en effet que la mesure qui fait polémique n’est pas une énième maladresse, mais une mesure consciemment injuste, stigmatisante, néfaste sur le plan sanitaire et éducatif. Nous demandons au Conseil départemental de revoir sa copie.

Télécharger le communiqué de presse en PDF ci-dessous :


CP FSU 91 - Cantines scolaires de l’Essonne









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