FSU Essonne

Quelle rentrée scolaire se prépare dans l’Essonne ?

vendredi 23 juin 2017 par Webmestre

Premier degré : une rentrée improvisée d’abord, le retour en arrière ensuite.

A peine revenu au Ministère de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer met en œuvre deux mesures qui vont influer sur les conditions de rentrée, entre bricolage et impréparation.

1) Les rythmes … ou comment diviser pour mieux régner.

L’organisation du temps scolaire fait de nouveau la une de l’actualité éducative. Le projet de décret voté au Conseil Technique Ministériel le 21 juin n’est pas exempt d’arrière-pensées politiciennes.

En focalisant la question éducative sur cette seule problématique, le ministre entend bien faire perdurer la polémique entre les collègues, entre les organisations syndicales. Pendant que nous débattrons sur les rythmes, nous ne nous mobiliserons pas sur des sujets tout aussi importants tels que les effectifs de classe, notre temps et nos conditions de travail, les conditions de l’inclusion des élèves en situation de handicap, les RASED, etc… Si cela ne suffisait pas, nous vous annonçons d’ores et déjà le prolongement de la polémique : l’allongement de l’année scolaire jusqu’à 40 semaines.

Le SNUipp-FSU a interrogé les collègues sur l’organisation du temps scolaire. En Essonne, 62,78% des réponses demandent un retour à la semaine de 4 jours de 6 heures et 21,52 % une semaine de 4 jours avec réduction des vacances. Les décrets Peillon et Hamon actuels ne recueillent respectivement que 3,22 % et 1,29 %. Ils/elles ont été entendu-es et le SNUipp-FSU, lors des différentes instances paritaires, a émis un vote en pour avec des réserves portant sur le risque de municipalisation de l’école, la nécessité d’un cadrage national et la prévalence de l’avis du Conseil d’école sur celui des mairies.

Contrairement à ce qui se dit ici ou là, le Snuipp-FSU ou la FSU n’ont pas voté « pour la semaine de 4 jours » mais pour la possibilité offerte aux enseignant-es qui le souhaitent d’y revenir. Distinguo qui a son importance puisqu’il n’est pas question d’accorder un blanc-seing au ministre. La FSU prendra toute sa place dans les luttes éducatives et sociales qui ne manqueront pas de survenir.

Le décret devrait paraître le 25 juin et de nombreuses écoles de notre département devraient faire la demande de dérogations.

2) Le dédoublement des CP en REP+

Le dédoublement des CP est la parfaite préfiguration des décisions à venir. Sous couvert d’une mesure « généreuse et bénéfique », on va désorganiser les équipes, remettre en cause les PDMQDC pourtant plébiscités par les équipes et charger les autres classes. A seuils d’ouverture constants, les CP à 12 ce sont les autres niveaux de classes à plus de 25 et une dégradation des conditions d’apprentissage en REP+.

La DSDEN a organisé un groupe de travail sur le sujet lundi 19 juin. La mesure concerne 23 écoles du département (4 à Evry, 7 à Corbeil, 12 à Grigny) soient 98 classes et 32 MSUP déjà affectés.

Les modalités de dédoublement dépendent essentiellement de la configuration de l’école :

- S’il y a des locaux pour dédoubler tous les CP, il y aura 1 enseignant-e par groupe de 12/13 élèves. Les Maîtres Sup, s’ils/elles sont volontaires, exerceront sur ces classes. En cas de refus, la DSDEN créera des postes à TP qui seront attribués en août.

- S’il n’y a pas de locaux en nombre suffisant, le dédoublement se traduira par du co-enseignement dans la même salle de classe. Les PDMQDC interviendraient en français et en mathématiques, puis, sur des temps de regroupement, travailleraient en GS ou CE1.

La DSDEN nous a assuré que toutes les équipes (répartition pédagogique, enseignant-es volontaires pour le CP, organisation) et tous les PDMQDC avaient été consultés (accord ou non de prendre le CP) et entendus.

Il semblerait toutefois que la réalité soit moins idyllique : dans certaines écoles, les locaux disponibles ne seraient en fait que le résultat de la réquisition des salles du Rased ou des bibliothèques !

Au final, la DSDEN doit créer 11 postes de PDMQDC et 18 postes de maitres de classe pour la rentrée.

Le dispositif devrait faire l’objet d’évaluations régulières : au moins une évaluation diagnostique fin septembre et une sommative en fin d’année pour vérifier que l’objectif « 100% de réussite au CP » ait été atteint.

Ce slogan de com’ pose d’ailleurs 3 problèmes :

- Afficher vouloir garantir aux élèves 100 % de réussite au CP, c’est laisser entendre que les enseignants n’auraient pas, d’évidence, cette ambition chevillée au corps.

- Limiter les exigences de l’école aux acquisitions des savoirs fondamentaux « lire, écrire, compter, respecter autrui », c’est tirer un trait sur toutes les autres compétences et connaissances que les élèves, et particulièrement ceux issus des milieux populaires, doivent acquérir pour devenir des citoyens éclairés.

- Evaluer un dispositif, c’est bien. Encore faut-il que les items qui seront proposés n’induisent pas une pédagogie orientée (méthode syllabique ou approche mécaniciste des mathématiques par exemple).

Comme on le voit, Jean-Michel Blanquer est en marche arrière, vers les années 2006/2009 plus précisément. Il va reprendre son grand-œuvre là où il l’avait laissé : retour probable des 60 heures d’Aide Pédagogique, création de postes a minima (5000 sur le quinquennat) qui ne couvriront même pas les départs en retraite, dispositif « devoirs faits » qui risque d’être étendu à l’élémentaire, repli sur les postures idéologiques des programmes 2008 (méthode syllabique, listes de mots en maternelle, apprentissages mécaniques en mathématiques, évaluations « scientifiques » bidouillées, ...), autonomie des écoles. Nul doute qu’il faudra nous mobiliser dès la rentrée.

Second degré : inquiétude pour l’assistance éducative ; sectorisation, investissements et priorités du Conseil départemental.

Assistance éducative 0.0

Nous ne reviendrons pas ici sur les dotations globales horaires (DGH) attribuées en janvier 2017 aux collèges et lycées du département de l’Essonne, et renvoyons sur ce point à notre précédent article

En revanche, à la veille de la tenue du CTSD (Comité technique spécial départemental) consacré à l’assistance éducative, la FSU 91 constate avec effarement qu’aucun poste d’assistance éducative n’est créé pour la rentrée 2017, alors même que les effectifs prévus doivent augmenter sensiblement (+ 1131 élèves dans les collèges et SEGPA, + 580 élèves dans les lycées et EREA), et que les besoins pour renforcer les vies scolaires sont criants dans un grand nombre d’établissements du département. Les services de vie scolaire sont pourtant indispensables pour assurer un climat scolaire serein et propice aux apprentissages. Leur bon fonctionnement nécessite des moyens suffisants.
Il s’agit donc, sans conteste, d’une dégradation des conditions de fonctionnement du service public de l’Éducation nationale, et particulièrement de l’accueil et de l’encadrement des élèves. Des moyens doivent être rapidement dégagés pour créer des postes d’AED. La FSU 91 fera entendre la voix des personnels à l’occasion du prochain CTSD (26 juin 2017).

Sectorisation, investissements immobiliers, cantines

Lors du GT CDEN du 16 mai, Mme Parâtre, Vice-présidente du CD91 déléguée à l’éducation, a exposé la situation de la sectorisation dans l’Essonne. Notre département est le 2e le plus attractif de l’IDF et à ce titre connaît une tension des effectifs notamment dans le nord du 91. A court terme, il est nécessaire selon le Conseil départemental de revoir la sectorisation dans les secteurs suivants : Dourdan, Villabé/Champcueil, Viry/Juvisy/Draveil, Etampes/La Ferté Alais, et d’envisager la construction de 2 nouveaux collèges (Massy et Plateau de Saclay). La FSU a une nouvelle fois rappelé que la sectorisation doit être impérativement discutée avec tous les usagers, en amont, et qu’elle doit veiller à assurer la mixité sociale. Elle a également souligné les multiples facteurs qui compliquent le quotidien des élèves et des professeurs : salles sous-dimensionnées (capacités de 25 places alors que les effectifs sont souvent de 30 élèves sans compter l’AVS), l’exiguïté de certaines cours de récréation et salles de réfectoire ...
Cette première présentation sera suivie d’un travail plus affiné, secteur par secteur, dans les semaines à venir.

Le GT CDEN du 22 mai 2017 a commencé par une présentation des investissements et des priorités que le CD91 compte effectuer pour les cinq années à venir, de 2017 à 2022. Ce sont 200 millions d’Euros qui seront investis dans les collèges sur cette période. Les travaux engagés (restructuration et extension du collège Chantemerle à Corbeil-Essonnes par exemple) ou prévus à court terme (restructuration du collège Pont de Bois à Saint-Chéron) et à moyen terme (demi-pension du collège Albert Camus à Brunoy) ont été précisés. Il a aussi été rappelé qu’un 101e collège va être construit à Massy dans les anciens locaux d’AIR FRANCE et que la construction d’un 102e est à l’étude à Saclay. Des travaux d’isolation thermique sont prévus dans les collèges suivants : les Sablons à Viry-Châtillon, Parc de Villeroy à Mennecy, le Village à Evry...

Les besoins sont considérables car de nombreux collèges ont été mal conçus et leur capacité théorique d’accueil ne correspond pas à la réalité. Plus que jamais, il est essentiel que le Département travaille en concertation avec les usagers (personnels et parents) et prenne en compte leurs remarques pour améliorer les conditions d’accueil des élèves.

Une première avancée a été obtenue après de multiples interventions de la FSU dans la mesure où le Département s ’est engagé à donner rapidement la capacité réelle de tous les établissements de l’Essonne.

TARIFS CANTINE UPEAA : l’action de la FSU a payé.
Après les demandes réitérées des élus de la FSU, le CD91 a déclaré qu’à partir du lundi 29 mai le tarif de la tranche 1 (0.70 euro par repas) serait appliqué aux élèves des UPEAA (unités pédagogiques d’élèves allophones arrivants). C’est le tarif le plus bas alors que pour ces élèves, c’était le tarif le plus élevé qui était appliqué jusque-là (5.90 euros), et il était financé par les fonds sociaux. Les élèves de l’ASE (aide sociale à l’enfance) bénéficieront quant à eux du tarif de la tranche3.
Tous ces dossiers seront suivis de près par la FSU 91.










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